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Personnalités incontournables de la deuxième moitié du XIXème siècle, les frères Goncourt ont fréquenté le monde des Arts et des Lettres, et l’ont retranscrit dans leur Journal. Edmond de Goncourt était un collectionneur exceptionnel, il découvrit l'art japonais, et il réhabilita le XVIIIème dans le goût français.
Plus d'informations sur :
www.goncourt.org
Paul-César Helleu a gravé le portrait d’Edmond de Goncourt. |
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« Mon cher Helleu,
Vous me faites l’honneur de me demander de présenter, en quelques lignes, au public, votre œuvre. Je le fais avec grand plaisir, ne me cachant pas cependant la difficulté grande à bien parler de vos pointes-sèches, à la fois si légères et si colorées, vos pointes-sèches d’une égratignure, sur le cuivre ; si artiste.Votre œuvre, c’est d’après le cher modèle ; qui prête la vie élégante de son corps à toutes vos compositions, une sorte de monographie de la femme, dans toutes les attitudes intimes de son chez soi dans le renversement las de sa tête, sur un fauteuil : dans son agenouillement devant le feu d’une cheminée, avec le retournement de son visage contre le chambranle, et la fuite contournée du bas de son corps ; dans une rêverie qui lui fait prendre dans la main la cheville d’une jambe croisée sur l’autre ; dans une lecture, avec le défrisement d’une boucle de cheveux le long de sa joue, quelque chose d’interrogateur au bout du nez, une bouche un rien entr’ouverte, où il y a comme l’épellent heureux de ce qu’elle lit ; dans le sommeil, où de l’enfoncement dans l’oreiller, émerge la vague ligne de deux épaules, et un profil perdu, au petit nez retroussé, à l’œil fermé par de noirs cils courbes. Et si la femme, ainsi représentée dans son intérieur, sort de chez elle, regardez-la, sur cette merveilleuse planche : la femme devant les trois crayons de Watteau, du Louvre, regardez-la, une main sur son ombrelle, avec toute l’attention de sa séduisante et ondulante personne, penchée sur les immortels dessins de la vente d’Imécourt. Non, je ne sais vraiment pas un autre mot pour les baptiser, ces pointes-sèches, que de les appeler les Instantanés de la grâce de la femme. » |
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GONCOURT Edmond de | Préface du catalogue des pointes sèches d'Helleu |
Imprimeries Lemercier | Paris, 1897 |
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« Le peintre Helleu, des yeux fiévreux, une physionomie tourmentée, et avec cela la peau et les cheveux d’un noir corbeau. » |
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GONCOURT Jules et Edmond de | Journal |
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