|
|
|
 |
|
|
|
 |
|
|
|
 |
|
|
|
Poète, romancier et critique d'Art, né à Paris le 29 décembre 1872 et mort à Paris le 23 avril 1945. De son vrai nom Séverin Faust.
Plus d'informations sur :
http://claudet.club.fr/Bloch/Documents/MauclairC.html |
|
|
|
 |
|
|
|
« Ce n’est pas un peintre, c’est une pointe-sèche qui s’est mise à vivre tout à coup et accomplit son miracle selon l’exigence elle-même de sa forme. Cursive elle s’élance, infléchit son ellipse, s’arrête et se cabre, écrase quelque inflexion plus noire, et de nouveau s’éclipse et vole et revient et puis s’en va, - sûre et capricieuse comme une lame de patin sur le champ de neige du papier où sa fuite laisse une trace pâle et délicieuse.
On définira moins M. Helleu en disant ce qu’il est qu’en notant ce qu’il n’est pas. Qu’il révèle l’inspiration de Watteau, des japonais et de Degas, il n’en sera pas moins éloigné, plus nerveux et moins décoratif que Watteau, plus strictement exact dans la fantaisie que les Japonais, avec la retenue du goût de France, et souriant tristement là où Degas montre un rictus. S’il s’apparente à Antonio de La Gandara, il est plus souple et plus capricieux. S’il fait songer aux croquis de Whistler, à leur négligence apparente, c’est pour préciser l’évidence des formes là où le grand disparu en suggérait le mystère. Impressionniste ? Eh ! non, car pour lui la réalité du dessin existe jusqu’à la sécheresse graphique - et cependant il a tant regardé Manet en l’aimant ! Et il en redit quelque chose dans ses toiles, la mise en place, les valeurs, tels gris, tels noirs, l’indication lumineuse et sommaire d’un fond. Il est précieux, distrait et insistant, inachevé, charmant et tendre, spirituel avec réticence, tout de grâce française et londonien pourtant, parfois bizarrement mélancolique – et cette mélancolie est peut-être toute la réalité essentielle de son âme. »
« C’est l’homme de ce temps qui a su donner au trait sa grande, son intrinsèque valeur, au point de la faire vivre d’une vie propre : ce qui représente une œuvre de M. Helleu, ce n’est ni une femme, ni une autre, ce sont des traits d’abord. (…) dessinaient la plus élégante de ses figures. La ténuité, la pureté, l’élan, la graduation de ces subtiles morsures sont d’un attrait adorable : fils de la Vierge ou griffes félines, ce sont des signes vivants, des lignes parlantes.»
« M. Helleu a mis, au bas de l’acte de l’art moderne, sa signature : un paraphe délié, ferme, d’incisive beauté. Toute son œuvre est une écriture. Elle me fait invinciblement penser à ce que les Goncourt ont appelé “l’écriture artiste”. »
« L’être féminin est là, inclus, dans des traits qui font penser à la nervure des folioles et des ailes de libellules. » |
|
|
|
MAUCLAIR Camille | “Un subtil Paul Helleu”, article tiré du recueil De Watteau à Whistler | 1905 |
|
|
|
|
|
 |
|
|
 |
 |
|